jeudi 8 mars 2012

Innovation, modernité, postmodernité

La modernité inaugure le principe fondateur que l'être humain produit et maîtrise un monde à son image par l'entremise de son travail, de sa raison, de sa volonté, de sa liberté. L'homme moderne se pense comme l'auteur de son monde. De Francis Bacon à la science contemporaine, l'homme moderne met en oeuvre d'une façon toute nouvelle l'injonction biblique de régner sur la création pour assujettir celle-ci au travail, au tourment de la production, avec sa destruction créatrice.

Si la bourgeoisie pense un monde de production, d'accumulation et de consommation sans limite dans le cadre de la concurrence pacifique entre individus civilisés, le socialisme repensera ce modèle en n'y voyant qu'un stade intermédiaire d'une histoire ayant une autre finalité - mais toujours vue sous l'angle de l'accumulation de la liberté entendue comme la domination de la nature.

Le point de vue postmoderne représente une crise interne du moderne, une perte de la foi dans le progrès, une disparition des repères évidents du libéralisme et du socialisme "classique". En même temps, comme David Harvey et Fredric Jameson l'ont montré, le postmoderne est aussi la réalisation et le couronnement du capitalisme, son triomphe à l'échelle globale. C'est pour cela aussi qu'il s'agit d'une crise interne, d'une manifestation des contradictions signalant la transition à une nouvelle étape.

Paul Leduc Browne

1 commentaire:

  1. Intéressant cette CRISE de la modernité, comme si elle invitait à une nouvelle compréhension de soi critique d'une pensée productiviste, mais, en même temps, par le vide qu'elle crée,permettant à cette logique capitaliste de se déployer sans obstacle humain pour la réguler. Jacques Caillouette

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