samedi 3 mars 2012

Démocratie participative et démocratie délibérative

Certains auteurs (par exemple Joseph-Yvon Thériault) ont critiqué la démocratie participative parce qu'elle placerait les acteurs dans un rapport trop immédiat avec la problématique qui doit faire l'objet de décisions démocratiques. Cette immédiateté serait, dans une logique quasi-hégélienne, synonyme d'aveuglement (semblable à ce qu'Ernst Bloch appelait l'obscurité du moment vécu). La démocratie représentative, elle, serait bonne, mais aurait besoin du complément de la démocratie délibérative. Selon la logique qu'on ne peut se voir soi-même de manière immédiate, mais qu'on doit se détacher de sa situation (et le dialogue "socratique" du processus délibératif en fournirait le moyen), la démocratie participative serait à critiquer. Or, il faut bien comprendre que, si le moment du détachement est très important, le moment de l'identification avec la situation l'est aussi. Il faut donc savoir à la fois s'impliquer dans la situation et s'en distancer - vivre à la fois les moments participatif et délibératif.

Paul Leduc Browne

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